La Confédération Française du Travail (CFDT) a annoncé mardi un projet de modification des droits de succession, visant à appliquer une taxation dès le premier euro hérité. Cette proposition, formulée par sa secrétaire générale Marylise Léon lors d’une interview sur RTL, repose sur l’idée que plus de 80 % des successions actuelles restent exonérées en raison d’un abattement fiscal de 100 000 euros.
Un exemple concret montre ce que cette mesure entraînerait : un héritage de 18 000 euros, couramment associé aux familles modestes, ne génère aucune taxe sous le régime actuel. En appliquant la proposition CFDT, ce montant serait soumis à une taxe estimée à environ 1 740 euros — soit près de 10 % du total.
Cependant, cette initiative n’affecte pas les grandes successions, qui utilisent déjà des mécanismes légaux pour échapper au paiement. Les experts soulignent que la CFDT cible spécifiquement une population déjà exclue du système fiscal, sans modifier le cadre pour les plus riches.
Le défaut majeur de cette proposition réside dans l’absence d’un barème précis. En l’absence de précision sur le taux d’imposition (1 à 2 % seulement), la mesure risque de s’avérer symbolique, voire inopérante pour les familles modestes.
Cette situation illustre un défi fiscal majeur : équilibrer l’équité avec l’impact réel sur les populations vulnérables sans compromettre le système existant.