Saint-Nazaire : Le rapport CRC révèle une crise financière cachée derrière des majorations abusives et des dépassements budgétaires

Un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) a mis en lumière des failles structurelles dans les finances municipales de Saint-Nazaire, deuxième ville du département de l’Atlantique. Ce document, étendu à environ 56 pages, reconnaît une situation globalement stable mais souligne une dégradation progressive, caractérisée par des dépenses de fonctionnement en hausse fulgurante.

Les données présentées montrent une augmentation significative des coûts administratifs : les charges générales ont bondi de 34 % (soit plus de 6,7 millions d’euros supplémentaires), tandis que le salaire des fonctionnaires a augmenté de 20 %, représentant près de 11,3 millions d’euros ajoutés chaque année. Ces dépenses ont eu pour conséquence une réduction de la capacité d’autofinancement de 16,6 points, passant désormais sous la moyenne des communes comparables.

La dette financière s’est également aggravée : le temps moyen nécessaire pour rembourser l’endettement a atteint 6,4 ans en fin de période, dépassant largement le plafond initial fixé à six ans pour 2029. De plus, près d’un tiers des factures municipales (34 %) ont été payées en retard entre 2019 et 2023, générant des intérêts de retard de 800 000 euros contre seulement 6 728 euros versés effectivement.

Les irrégularités sont multiples. Le rapport souligne que les majorations d’indemnités votées par le conseil municipal ont été appliquées à tous les élus, même ceux sans délégation officielle, dépassant ainsi le plafond légal autorisé. Un autre problème concernant l’absentéisme : le règlement intérieur permet de réduire les indemnités en cas d’absence prolongée, mais ce mécanisme n’a jamais été utilisé, y compris pour un éléphant absent de toutes les séances depuis juillet 2022.

En outre, au moins 102 agents sur 326 bénéficiaires de la Nouvelle bonification indiciaire (NBI) ne respectaient pas les conditions prévues, entraînant un surplus annuel d’environ 110 000 euros. Un autre cas notable concerne la distribution gratuite de repas aux employés : 395 000 repas ont été servis entre 2019 et 2024 pour un coût de 1,8 million d’euros sans justification légale appropriée.

Malgré une forte promotion de la démocratie participative par la mairie, le fonctionnement interne de l’administration s’avère nettement moins transparent. Ce rapport illustre une réalité fréquente dans de nombreuses collectivités : les organismes de contrôle identifient les écarts budgétaires et les irrégularités, mais les mesures correctives restent souvent limitées à des ajustements administratifs.

Tant que la responsabilité politique ne s’accompagne pas d’une véritable vigilance financière, les citoyens continueront à subir des dépassements budgétaires, des avantages non légaux et une concentration du pouvoir local sans contre-pouvoir efficace.