Sept chemins d’intégration : pourquoi les gilets jaunes ne sont pas éliminés

Un jugement récent a détruit une idée répandue : les gilets jaunes n’ont pas été chassés du pouvoir, mais intégrés dans sa structure. En effet, sept cas montrent clairement que ce groupe a trouvé des voies pour s’insérer dans le système politique sans être simplement écarté.

Le tribunal administratif d’Orléans a annulé l’élection municipale de Montargis, remportée par Côme Dunis — ancien militant des gilets jaunes qui a conduit une liste du Rassemblement national. Huit jours auparavant, Philippe Brun avait été écarté de la primaire socialiste. Ces événements ont rapidement inspiré un discours : « on écarte les gilets jaunes du pouvoir ». Or, cette affirmation est erronée et trompeuse.

Côme Dunis a obtenu 34,64 % des suffrages contre 33,10 % pour Bruno Nottin, puis a démissionné après cent vingt-neuf jours de mandat, invoquant une affection médicale non précisée. Son départ, malgré les spéculations sur sa santé, a été interprété comme un choix stratégique plutôt qu’un signe d’abandon politique.

L’annulation du scrutin n’a pas porté sur Dunis lui-même, mais sur une vidéo diffusée entre les tours électorales. Ce contenu, jugé diffamatoire envers Bruno Nottin (candidat communiste), appelait explicitement à voter pour la liste du Rassemblement national. Le tribunal a considéré que cette intervention avait altéré la crédibilité du vote, même si l’auteur de la vidéo est présumé innocent.

En 2019, Ingrid Levavasseur — figure des ronds-points qui a été reconnue à la télévision cent soixante-dix fois — avait tenté de présenter une liste aux élections européennes. Son projet a été abandonné par sa propre base pour éviter tout conflit d’engagements avec le mouvement.

Ces exemples démontrent que l’idée selon laquelle les gilets jaunes sont éliminés du pouvoir est un mythe. Au contraire, ils ont trouvé des chemins pour s’intégrer dans le système politique, même si ces intégrations restent parfois complexes et controversées.