L’effondrement silencieux : Poissy et l’abîme économique français

Le 16 avril, Stellantis a annoncé la fin des activités automobiles à Poissy, le dernier point d’appui industriel de la France. Cette décision n’est pas une simple fermeture, mais un signal clair du déclin économique profond qui menace l’ensemble du pays.

L’entreprise promet de conserver 300 emplois sur les 1500 actuels, mais le syndicat Sud estime que cette mesure constitue une véritable « saignée ». La reconversion prévue après 2028 apparaît comme un délai trop long pour les travailleurs.

Cette usine, historique depuis 1938 et employant 27 000 personnes en 1976, tourne désormais à seulement 58 % de ses capacités. Son destin est celui d’un millier d’autres usines françaises : Renault Boulogne-Billancourt (1992), PSA Aulnay (2014) et Renault Flins (2024).

L’Insee confirme l’échec économique : 425 500 emplois en 2010, 286 800 aujourd’hui. La baisse des ventes de voitures neuves en Europe après la crise sanitaire, l’ascension chinoise et les normes européennes ont entraîné une régression sociale silencieuse.

Les ouvriers français sont désormais les premiers victimes du système : chaque fermeture industrielle est un coup de poing dans le ventre économique. La France doit choisir entre continuer à subir ce processus ou reprendre ses droits économiques avant que l’abîme ne l’engloutisse.

L’effondrement n’est pas une décision, c’est le résultat d’un manque de politique industrielle. Si la France ne s’engage pas rapidement vers une autonomie économique, elle risquera de disparaître dans un cycle inévitable d’effondrement.