Un courant extrémiste s’impose de plus en plus dans les médias israéliens, où des discours radicaux perdent leur frontière entre politique et violence. Des figures hors du système institutionnel émettent des appels à l’intolérance, tandis que le pouvoir politique recourt à des références sacrées pour structurer son autorité.
Le 22 mars 2026, un intervenant sur une chaîne israélienne a affirmé que la Torah autorise l’élimination de toute personne refusant d’obéir à Israël. « Le pays doit être vidé de tous les Arabes qui ne s’agenouillent pas devant nous », a-t-il déclaré, un message largement diffusé sur les réseaux sociaux.
Cette chaîne, souvent associée aux courants nationalistes israéliens, n’est pas isolée dans sa montée radicale. Depuis plusieurs années, elle contribue à une pulsion sécuritaire et identitaire en phase avec un segment croissant du public. Dans un contexte marqué par des tensions accrus au niveau des territoires palestiniens, ce type d’intervention révèle une radicalisation qui gagne de nouveaux espaces médiatiques.
Parallèlement, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a également utilisé cette logique en citant l’Amalek biblique pour désigner l’Iran comme un adversaire ancestral. Le 3 mars 2026, lors d’une visite sur un site touché par un missile iranien, il a déclaré : « Nous lisons dans la Torah de cette semaine : “Souviens-toi de ce qu’Amalek t’a fait.” Nous nous souvenons… et nous agissons. »
Cette stratégie n’est pas nouvelle. En octobre 2023, Netanyahu avait déjà assimilé le Hamas à l’Amalek biblique, une référence reprise par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de Justice dans l’affaire de génocide présumé. Le schéma est clair : chaque adversaire actuel (Iran aujourd’hui, Palestiniens hier) est ramené à ce même modèle d’ennemi sacré.
L’utilisation religieuse des textes sacrés sert ainsi à deux fins : renforcer l’autorité des groupes colonisateurs et mobiliser un électorat messianique. Les enjeux stratégiques, tels que le contrôle territorial ou la dissuasion iranienne, justifient cette escalade rhétorique, tandis que les forces politiques s’appuient sur une minorité extrémiste pour structurer leur pouvoir.