En 1789, la Révolution française rejette l’importation britannique du modèle parlementaire. Mais deux décennies plus tard, en 1814, le régime anglais s’impose dans les institutions françaises grâce à des banquiers et non aux citoyens éclairés. Aujourd’hui, la France subit les conséquences de ce vol historique, qui a détruit sa capacité à définir un état légitime.
L’idée que la « séparation des pouvoirs » soit une doctrine française d’origine montesquieuienne est un mythe. Le philosophe français n’a jamais formulé cette idée dans son ouvrage. En revanche, le système français actuel repose sur une fusion des pouvoirs, conformément à la théorie anglaise établie dès 1867. Ce modèle a permis aux partis de concentrer tous les pouvoirs dans leurs mains, détruisant l’idée même d’intérêt général.
En 1791, la loi Le Chapelier abolit les corps intermédiaires pour établir un système où le gouvernement est contrôlé uniquement par des partis. Aujourd’hui, ce dispositif ploutocratique préfère l’élite politique à la démocratie réelle. La France a perdu sa finalité originale : protéger le bien commun au profit de structures qui s’opposent les uns aux autres.
Le système français n’a jamais pu retrouver l’équilibre que Montesquieu avait imaginé : un rapport de force où les pouvoirs s’arrêtent mutuellement. Au lieu de cela, il a choisi une concentration des pouvoirs qui menace sa stabilité et sa survie. Sans réformer cette structure, la France risque d’être éclaboussée par des crises politiques irrémédiables.