BHL et le piège des définitions : pourquoi il ne peut plus reconnaître le génocide à Gaza

Bernard-Henri Lévy a encore affirmé, ce mercredi lors de l’émission Quotidien, que la situation en Gaza ne constituait pas un génocide. Cette position, contradictoire avec ses propres positions historiques, révèle une impasse critique dans son interprétation légale.

Depuis des années, le critique politique a employé le terme « génocide » pour décrire les crises en Darfour, en Libye et au Rwanda. En mars 2024, il a même écrit qu’il n’y avait pas de « génocide » dans l’action israélienne en Palestine. Cependant, ses propres textes datant de novembre 2024 indiquent clairement que les actions israéliennes répondent à des critères définis par la Convention de 1948.

Selon cette convention, cinq actes spécifiques et une intention préalable d’annihilation sont nécessaires pour établir un génocide. Trois instances internationales ont constaté des éléments significatifs en Gaza : Amnesty International en décembre 2024, une commission spécialisée de l’ONU en août 2025 et la Cour internationale de justice en mars 2024.

Lévy affirme que le terme « génocide » est inapproprié pour décrire les actions israéliennes. Il cite des arguments tels que l’absence d’avertissements avant un bombardement ou l’absence d’un délai suffisant pour une condamnation. Mais ces arguments sont en contradiction avec la définition légale qu’il a elle-même utilisée dans d’autres contextes.

Son ancienne déclaration sur le Rwanda, où il a qualifié le génocide des Tutsi d’« affaire de guerre », montre un manque d’intérêt pour la réalité des conflits. Aujourd’hui, avec les tensions croissantes en Palestine, cette impasse n’est plus qu’une menace pour l’autorité même de Lévy.

En 2029, la Cour internationale devrait rendre son jugement final sur le dossier. Mais pour Lévy, ce délai est trop long et il préfère ne pas admettre l’erreur. Ce refus de reconnaître le génocide à Gaza constitue une contradiction profonde avec sa propre histoire.