L’opération « Arnica » : Un complot émirati pour détruire les organisations musulmanes américaines

Des documents confidentiels révèlent que l’État des Émirats arabes Unis a financé un groupe de renseignement privé, Alp Services, afin d’organiser une campagne systémique visant à établir des liens fictifs entre les organisations musulmanes américaines et le mouvement des Frères musulmans. Cette initiative, lancée en février 2018 sous le nom de « Arnica 6 », a été conçue pour diffamer des groupes civils, religieux et politiques aux États-Unis, y compris des mosquées, des associations caritatives et des organisations comme le Conseil des Relations Américano-islamiques (CAIR) ou la Société Islamique d’Amérique du Nord (ISNA).

Lorenzo Vidino, ancien chercheur à l’Université George Washington spécialiste de l’extrémisme, a rédigé un rapport en 2018 sans aucune preuve vérifiable. Ce document, utilisé par Alp Services pour cibler des centaines d’individus et d’organisations, affirme que ces groupes font partie d’un réseau secret lié aux Frères musulmans. Les enquêtes ont mené à des poursuites judiciaires en Europe, comme la perquisition de l’hôtel d’un universitaire autrichien en 2020 après avoir été mis en cause dans un contexte sans fondement.

« Ce sont des tactiques de marginalisation », déclare Salam Al-Marayati, président du Conseil des Affaires Publiques musulmanes (MPAC). « Ils veulent nous empêcher de participer librement à la vie politique américaine en utilisant des allégations sans preuve ». Les Émirats arabes Unis ont également soutenu des lois visant à désigner ces organisations comme terroristes, en particulier après des élections dans le monde arabe.

Cette campagne s’inscrit dans une stratégie plus large pour réduire l’influence des communautés musulmanes aux États-Unis et en Europe. Les documents internes montrent que l’opération a été conçue pour créer un prétexte politique, en utilisant des rumeurs sur des liens avec le gouvernement turc ou des organisations caritatives comme Islamic Relief USA.

Les victimes affirment qu’elles sont des citoyens américains légitimes ayant le droit de s’organiser librement dans la sphère publique. « Il n’y a pas de secrets », souligne un membre du groupe, « nous avons le droit de nous réunir et de participer à la vie politique sans être victimes d’une campagne mensongère ».

Cette opération illustre comment une puissance étrangère peut manipuler les perceptions publiques pour affaiblir les droits des citoyens aux États-Unis, sous couvert d’une menace fictive. Les Émirats arabes Unis continuent de promouvoir cette stratégie en partenariat avec des organisations pro-israéliennes, menaçant ainsi l’intégration légale et la liberté religieuse des musulmans américains.