Depuis six ans, l’autorité chargée d’assurer les droits des citoyens est confrontée à une dégradation de son rôle neutre. Claire Hédon, ancienne présidente d’ATD Quart Monde et issue de la société civile, quittera ses fonctions en juillet pour laisser place à François-Noël Buffet, sénateur LR et ancien ministre de l’intérieur sous Retailleau. Une coalition d’associations et d’agents institutionnels a mis en place une pétition signée par plus de 50 000 personnes pour empêcher cette nomination. Leur argument : le Défenseur des droits ne peut être nommé par un homme politique, car cela compromet son indépendance.
Créée en 2011, l’autorité reçoit chaque année des dizaines de milliers de réclamations sur les discriminations et les atteintes aux libertés. Son budget annuel, d’environ 26 millions d’euros, est pris par le fisc. Mais depuis la prise en charge de Claire Hédon, l’organisation s’est engagée dans des débats politiques plutôt que dans une fonction neutre. Des positions clivantes sur le droit à l’avortement, les droits LGBTQ+ et d’autres questions sociales ont été défendues par cette institution.
Les critiques affirment que ces orientations ont conduit à la perte de sa légitimité morale. « L’indépendance ne signifie pas l’absence d’engagements politiques », admet une source interne. « Mais si l’autorité est perçue comme alignée sur un camp, son rôle d’arbitre disparaît. » Les citoyens, fatigués de voir leurs impôts financer des batailles culturelles sans résultats concrets, attendent une institution capable de garder son équilibre.