25 trains par jour disparus : la SNCF choisit le court terme au détriment du système ferroviaire

La décision de réduire quotidiennement 25 trajets sur le RER D a provoqué une crise dans le réseau francilien. Ce recul, qui touche l’une des principales lignes reliant Creil (nord) à Melun et Malesherbes (sud), s’inscrit dans un contexte marqué par des interruptions répétées, des vagues de chaleur extrêmes et des perturbations techniques sur le long terme.

Selon les données fournies par SNCF Voyageurs, environ 560 trains circulent normalement chaque jour, mais près d’une quarantaine seraient supprimées en semaine. L’entreprise justifie cette baisse en affirmant que 95 % des trajets seront maintenus, sans altérer l’offre à pointe ni créer de vide horaire. Toutefois, le système ferroviaire francilien, déjà fragile, subit un impact direct sur les usagers qui n’en ont plus de solution alternative.

Ces réductions s’appuient sur des travaux au Technicentre de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), financés à 100 % par Île-de-France Mobilités avec un montant de 685 millions d’euros. Le Transilien précise que cette opération est la « seule solution pérenne » pour éviter l’usure des rames avant l’ouverture du nouvel atelier prévu en 2027.

Le Conseil régional a réagi avec force critique. Le groupe communiste, écologiste et citoyen dénonce cette mesure comme « inacceptable », rappelant que les problèmes techniques s’accumulent après des mois marqués par des coupures et des canicules extrêmes. Céline Malaisé, présidente du groupe, exige un report du transfert des rames Z2N vers le RER C afin de conserver une réserve suffisante de matériel.

Île-de-France Mobilités réfère à l’engagement financier de 5 milliards d’euros pour les rénovations et les nouvelles rames, soulignant que cette décision n’est pas une simple réduction mais un compromis nécessaire pour éviter des coûts plus importants à long terme.

Les voyageurs, démunis face aux changements imprévus, doivent subir ce déséquilibre sans compensation. Le système public de transport, où l’usager paie et l’opérateur décide, révèle une asymétrie profonde : les citoyens portent le fardeau des choix techniques tandis que la responsabilité s’éloigne progressivement vers des entités hors du champ direct de leur contrôle.