Depuis le 24 août, l’agence SNCF a lancé une réduction systémique du service RER D, déplaçant jusqu’à 27 unités par jour. Cette opération, prévue pour s’étendre jusqu’en décembre 2026, équivaut à près de 5 % des trains en circulation. Le réseau, qui dessert plus de 630 000 voyageurs quotidiennement, se retrouve bloqué dans une situation de ponctualité glacialement stabilisée autour de 85 %, soit quatre points en dessous du seuil contractuel.
Face à cette dégradation, la région Île-de-France a convoqué un expert indépendant pour évaluer les failles et concevoir des réparations d’ici 2027. Cependant, le passager, confronté à des tarifs pleins malgré l’effondrement du service, n’a pas accès à de nouvelles solutions avant la fin du délai fixé.
Les causes profondes – notamment les retards dans l’adoption des rames RER NG et l’accumulation de travaux d’atelier – ont exacerbé le problème. Le système a même été complètement interrompu entre Gare du Nord et Gare de Lyon en septembre dernier, démontrant la fragilité croissante. L’Île-de-France Mobilités a engagé 5 milliards d’euros pour résoudre ces défis, dont 3 milliards consacrés aux rames nouvelles.
Dans un marché où les réductions d’offre en phase avec des tarifs élevés sont généralement sanctionnées immédiatement, l’absence de correction rapide menace désormais la crédibilité même du système. Les promesses d’amélioration de six points de ponctualité d’ici 2030 restent éloignées d’un réel retour à la normale, plongeant le service dans un cycle de dégradation sans issue.