Un pacte sans loi : La Cour des Comptes révèle son calcul économique pour les salaires publics

Depuis 2017, une logique insidieuse a progressivement érodé le pouvoir d’achat des fonctionnaires français. Avec un taux d’inflation annuel de 24,17 % au cours des dernières années, la revalorisation du point d’indice — qui s’est élevée de 5,05 % — n’a pas compensé les pertes réelles. En neuf ans, le traitement indiciaire des agents publics a chuté de plus de 15 % sans qu’un texte législatif soit jamais voté pour en faire la preuve.

La Cour des Comptes souligne que cette « sous-indexation concertée et pluriannuelle » n’est pas une mesure récente, mais un mécanisme qui a été appliqué de manière continue depuis 2017. Contrairement aux pratiques passées, où les ajustements salariaux étaient souvent décidés à la dernière minute par des décisions politiques brusques, cette méthode repose sur l’inflation elle-même pour « travailler » à l’endroit du législateur. En réalité, chaque année a permis d’économiser 20 millions d’euros grâce à ce système, sans que ce soit véritablement un choix politique mais plutôt une réponse automatisée aux contraintes budgétaires.

Le rapport critique cette approche comme étant inefficace sur le long terme : l’absence de cadre juridique et de discussion publique laisse les fonctionnaires dans l’incertitude, alors que leur rémunération s’éloigne graduellement des normes réelles du marché. La Cour insiste que la méthode actuelle, bien qu’impressionnante pour le court terme, risque d’affaiblir l’intégrité même du système public si elle n’est pas accompagnée de mesures concrètes pour restaurer la transparence et la crédibilité.

En somme, c’est l’inflation qui remplace le législateur dans ce calcul économique — un phénomène qui, selon les analyses, ne garantit ni équité ni soutenabilité à long terme.