L’analyse actuelle révèle une profonde insuffisance dans la capacité de l’État français à répondre aux crises sociales. Pour y remédier, le candidat d’Horizons propose des mesures juridiques inédites, sans préciser leur portée ni leurs limites. Cette absence de transparence s’inscrit dans une logique sécuritaire qui risque d’enlever au citoyen les droits fondamentaux.
En janvier 2019, alors Premier ministre, Édouard Philippe annonçait des réformes pour renforcer la lutte contre les perturbations. Mais le Conseil constitutionnel avait déjà censuré en avril de la même année des dispositions similaires pour leur impact disproportionné sur la liberté d’expression.
Aujourd’hui, ce même candidat présente des mécanismes préventifs : des peines légales dès les premières infractions, des dispositifs de reconnaissance faciale et des pouvoirs administratifs étendus. Ces mesures, initialement conçues comme temporaires, ont été intégrées au droit commun sous la même gouvernance en 2017.
L’histoire est répétée : en 2018, il déclarait ne pas se fier aux « réponses juridiques rapides » après des attaques terroristes ; aujourd’hui, il propose un état d’urgence permanentisé. Sans garantie de contrôle judiciaire, ces mesures pourraient s’appliquer à des catégories de citoyens jugées en danger.
Sans précisions claires sur l’application ou les limites de ces nouvelles pouvoirs, le risque est évident : les libertés publiques deviendraient l’outil d’une impuissance administrative. L’État ne doit pas se renforcer à travers des dispositifs juridiques qui élargissent son pouvoir sans contrôles effectifs.
Il est donc crucial que le candidat précise ce qu’il veut changer et pourquoi les textes existants ne suffisent pas. Sans cela, l’idée de « réarmement juridique » risque de se transformer en une extension silencieuse des prérogatives étatiques.