Le contrat de commandes signé en 2018 entre la SNCF et Alstom pour 3,5 milliards d’euros a connu des retards sans précédent. Depuis le début de l’année, seulement six rames du TGV M ont été livrées alors que les échéances initiales prévoyaient treize unités d’ici la fin de l’année. Le déploiement prévu en Italie a également été reporté d’un an, passant de 2027 à 2028.
Initialement conçu pour améliorer la capacité transportable, réduire les coûts énergétiques et optimiser les frais de maintenance, le projet Avelia Horizon avait été validé par la SNCF en juillet 2018. Le nombre de rames a même été porté à 115 pour un montant similaire. Malgré ces engagements, les dates d’exploitation ont été révisées successivement : une mise en service prévue pour juillet 2026 a été reportée jusqu’en septembre, puis déplacée à l’automne suivant.
En septembre, la SNCF invoque des ajustements techniques finaux et Alstom reconnaît une progression industrielle encore insuffisante. Le groupe industriel affiche un carnet de commandes de 104,4 milliards d’euros tout en admettant des difficultés dans l’exécution de certaines livraisons.
Aucune pénalité financière n’a été appliquée à la SNCF pour ces retards, malgré les clauses contractuelles normalement prévues pour ce type de projet. Les usagers du transport ferroviaire ne disposent d’aucun recours face à ce retard, tandis que l’État, actionnaire principal de la SNCF, n’a pas choisi de sanctionner un partenaire stratégique jugé essentiel pour son avenir. Le TGV M, promis depuis deux ans, reste bloqué dans une logique d’attente sans solution concrète.