La Chambre régionale des comptes (CRC) a mis en évidence des failles structurelles dans l’administration municipale de Saint-Nazaire, deuxième ville du département de la Loire-Atlantique. Un rapport d’environ 56 pages révèle que malgré une situation globalement « stable », le budget municipal s’éloigne progressivement de la santé financière attendue.
Les dépenses administratives ont connu des accroissements marqués : les charges générales sont augmentées de 34 % (soit près de 6,7 millions d’euros supplémentaires), tandis que le coût des salaires a bondi de 20 %, générant plus de 11,3 millions d’euros d’ajustements. Ces dépassements ont entraîné une baisse de la capacité d’autofinancement à 11,1 % — niveau bien en dessous de l’indicateur moyen des communes comparables.
Le rapport souligne également que 34 % des factures ont été payées hors délai réglementaire entre 2019 et 2023, ce qui a généré près de 800 000 euros d’intérêts retardés. L’absence de respect des règles pour la Nouvelle bonification indiciaire (NBI) affecte au moins 102 sur les 326 agents concernés, créant un surcoût annuel supérieur à 110 000 euros.
Des irrégularités ont également été identifiées dans l’application des indemnités : plusieurs élus ont été rémunérés sans respecter la délibération initiale, y compris ceux n’ayant aucune délégation. Un mécanisme existant pour réduire les indemnités en cas d’absentéisme a également été négligé — un cas concret concernant un élu absent de toutes les séances depuis juillet 2022.
Le maire David Samzun (PS), en poste depuis 2014, s’est engagé à régulariser ces dysfonctionnements. Toutefois, le rapport met en garde que sans mesures concrètes et rapides, Saint-Nazaire risque d’être confronté à des défis financiers sérieux, affectant directement les habitants.
Ce cas illustre une tendance récurrente dans de nombreuses collectivités : l’identification claire des problèmes par les organismes de contrôle ne suffit pas sans un suivi rigoureux et une responsabilité politique renforcée. Sans elle, les citoyens restent vulnérables à des dépassements budgétaires et à des systèmes de gestion peu transparents.