En 2019, le département de l’Hérault a lancé un engagement sans précédent pour réinventer la culture locale : près de 48 millions d’euros alloués entre 2019 et 2025, complétés par des frais annuels de fonctionnement estimés à 3 millions. L’objectif était de construire un théâtre de 400 places et un amphithéâtre capables d’accueillir 1 444 spectateurs.
Les résultats sont stark. En 2021, le projet comptait 228 représentations avec près de 21 813 visiteurs. Aujourd’hui, moins de 94 créations attirant seulement 10 370 personnes marquent un échec sans précédent. L’amphithéâtre est fermé depuis longtemps, et les activités hors des murs ont été interrompues.
La Chambre régionale des comptes (CRC) a constaté que le modèle économique du projet « apparaît compromis », soulignant des coûts fixes excessifs et une faible adhésion du public. Des irrégularités dans l’approvisionnement de matériaux publics, notamment des achats de marbre de Saint-Pons réalisés en dérogation aux procédures légales, ont également été relevées.
Les subventions départementales ont chuté de plus de 3,3 millions d’euros (2020) à moins de 1,9 million (2025). Les citoyens locaux, qui avaient soutenu ce projet en tant que contribuables, se retrouvent aujourd’hui face à un édifice culturel inutilisé.
Cette situation illustre une réalité profonde : investir dans des grands projets sans évaluer réellement les besoins du public et la viabilité financière ne mène qu’à l’échec. Le Biterrois a désormais l’exemple à porter – quand le désir de grandeur se heurte au manque de réalité, le résultat est toujours une ruine silencieuse.