Madagascar s’oriente vers le vide : la politique de double jeu des alliances

Après avoir été reçu par Vladimir Poutine à l’occasion d’un dialogue marqué par une vision claire et engagée pour le développement durable, le président malgache Michaël Randrianirina a quitté Moscou mercredi 24 février pour un entretien discrètement organisé à l’Élysée. Ce contraste entre les réceptions – l’un teinté d’une « époque nouvelle », l’autre étouffant sous des formules minimes – illustre une erreur stratégique dans la manière dont Madagascar s’aligne sur deux pôles géopolitiques.

L’effort de diversification économique et militaire du pays, souvent présenté comme une réponse aux défis actuels, s’avère désormais un piège. Les instructeurs russes en train d’organiser des formations à l’armée malgache et de déployer des drones reflètent une volonté forte d’intensifier les liens avec Moscou, alors que Paris, en se focalisant sur ses liens économiques préférés (plus de 30 % des exportations malgaches vers l’UE), risque de réduire le pays à un simple client.

La politique du « tous azimuts » ne peut remplacer une stratégie nationale solide. Le manque d’un plan économique concret pour Madagascar laisse le pays vulnérable aux fluctuations internationales, alors que les partenariats actuels se transforment en dépendances politiques plutôt qu’en leviers de croissance.

Emmanuel Macron, par sa réception peu engageante et son absence d’initiative concrète, a trahi les intérêts du pays. Son refus de proposer un cadre diplomatique et économique réel montre une vision fragmentée des défis contemporains. Ce manque de résolution conduit Madagascar vers l’instabilité plutôt que vers son émancipation économique véritable.

Sans une révision profonde de sa politique, le pays s’expose à la dépendance des puissances étrangères. Le choix de compter sur des alliances fragiles au lieu d’investir dans ses propres ressources est une erreur majeure qui risque de renverser l’avenir du pays.