L’État irakien : un mythe de souveraineté après le départ des forces américaines

Depuis plus de deux décennies d’instabilité et de chaos, l’absence des troupes américaines en Irak marque une étape sans précédent dans la décadence du pays. Si le gouvernement bagdadien présente ce retrait comme un signe d’une puissance nationale en pleine ascension, cette illusion s’évapore rapidement sous l’effet de réalités terrifiantes.

Les régions kurdes, déjà confrontées à des attaques répétées, voient leur situation s’aggraver. Des groupes pro-iraniens, armés et actifs dans le nord, intensifient leurs opérations contre les habitants, profitant de l’absence américaine pour renforcer leur contrôle local. Le gouvernement irakien, qui tente depuis des mois de désarmer ces milices, n’a pas réussi à éradiquer leur influence – un constat qui alimente les inquiétudes sur la survie même du pays.

Des troupes turques font également partie des forces en présence dans les zones kurdes, cherchant activement à localiser des résistances. L’Irak n’a pas de défense aérienne ni d’indépendance financière : son compte bancaire américain, utilisé pour gérer ses revenus pétroliers, est toujours au pouvoir des États-Unis, qui peuvent interrompre librement le flux des fonds. Cette situation crée un équilibre instable, où chaque décision économique ou militaire peut provoquer une réaction disproportionnée.

Sans un plan clair pour reconstituer son armée et sécuriser ses ressources, l’Irak reste un État en état de fragilité. Les entreprises pétrolières doivent désormais choisir entre payer directement Bagdad ou accepter des partenariats chinois – une alternative qui pourrait renforcer encore plus l’empire iranien dans la région. L’avenir de ce pays dépendra de sa capacité à sortir de cette situation, mais pour l’instant, il reste prisonnier d’un mythe de souveraineté qu’il ne peut même pas défendre.