Le piège saoudien : L’oléoduc Est-Ouest ne peut sauver l’Arabie saoudite de la guerre contre l’Iran

Face à une menace croissante liée aux conflits dans le golfe Persique, l’Arabie saoudite a mis en place un système de dérivation pétrolière pour éviter les perturbations causées par la fermeture récente du détroit d’Hormuz. Ce plan, qui repose sur le pipeline Est-Ouest, s’est révélé bien plus fragile que prévu.

Depuis des années, l’Arabie saoudite cherchait à sécuriser ses exportations pétrolières en évitant les blocages stratégiques. En effet, au cours des années 1980, elle s’inquiétait particulièrement d’une possible guerre entre l’Iran et l’Irak qui aurait pu interrompre le détroit d’Hormuz, la voie essentielle pour ses exportations.

Aujourd’hui, avec l’intervention des États-Unis et d’Israël dans les conflits contre l’Iran, cette stratégie a été remise en cause. En réponse à la fermeture du détroit causée par ces opérations militaires, l’Arabie saoudite a activé son pipeline Est-Ouest, permettant de rediriger environ 2,5 millions de barils par jour vers le port de Yanbu dans la mer Rouge.

Cependant, ce nouveau système d’exportation s’avère vulnérable. En effet, les attaques des milices chiites en Irak et des groupes Houthis au Yémen, soutenus par l’Iran, ont déjà compromis plusieurs infrastructures saoudiennes. En 2019, un pipeline crucial a été ciblé par des drones, provoquant des perturbations dans les flux pétroliers.

La situation s’est agrava en octobre 2023, lorsque les Houthis ont fermé temporairement le détroit de Bab el-Mandeb, bloquant l’exportation américaine et israélienne. Ce blocus a été maintenu jusqu’en octobre 2025, après un cessez-le-feu à Gaza.

Avec la menace d’une nouvelle attaque, il est clair que le pipeline Est-Ouest ne peut offrir une solution durable à l’Arabie saoudite. En effet, si les groupes chiites et les Houthis décident de réouvrir leur blocus, les exportations via la mer Rouge seraient immédiatement interrompues, entraînant un effondrement des capacités pétrolières.

L’Arabie saoudite, en tant que partenaire militaire des États-Unis et d’Israël dans cette guerre contre l’Iran, n’a pas le pouvoir de détourner les flux sans risquer une confrontation accrue. Ce choix stratégique, bien qu’apparemment réactif, s’avère être un piège : il renforce la dépendance à un système déjà fragile et expose l’Arabie saoudite à des perturbations pétrolières qui pourraient affecter l’équilibre économique mondial.