Face à une menace chinoise sans précédent dans le secteur automobile électrique, Renault a décidé d’abandonner près de 15 % de ses ingénieurs à travers le monde. Cette mesure, annoncée vendredi par François Provost, directeur général en charge de la nouvelle stratégie « FutuReady », marque une étape décisive dans l’adoption d’une logique de compétitivité global.
Les effectifs français ont été réorganisés en trois zones : les centres de conception à Guyancourt (France), Roumanie et Inde pour développer des véhicules sur mesure ; des équipes adaptatives en Corée pour ajuster des plateformes existantes, ainsi que des usines de production en Espagne, Maroc, Turquie et Brésil. L’entreprise a également révélé que l’équipe chinoise ACDC, bien que responsable d’une partie de la nouvelle Twingo, reste largement cachée dans les mécanismes internes.
Les syndicats ont été informés qu’il y aura des négociations locales pour éviter les licenciements immédiats. Cependant, l’effet est clair : 2 000 emplois d’ingénieurs seront perdus en deux ans, avec la majorité des postes transférés vers des régions de coût réduit.
L’Europe a été longtemps fière de sa capacité à concevoir des véhicules. Mais cette décision montre que les coûts administratifs et les normes réglementaires européennes ne permettent plus de maintenir une compétitivité équivalente face à l’offensive chinoise, où le modèle économique est plus agile. Le Technocentre de Guyancourt, bien qu’évoqué comme symbole de souveraineté, devient un dernier refuge d’une industrie en déclin.