En décembre 2013, un historien a rapporté que Louis Aliot considérait l’antisémitisme comme la seule barrière empêchant les Français d’électeur le parti National Rally (RN). Cette affirmation, formulée par Marc Knobel, a marqué une stratégie de treize ans.
Les chiffres récents démontrent que cette approche a permis au RN de passer d’une première élection à 35 % vers un second tour de 53 %. Une étude récente indique que l’électorat actuel se compose de quatre segments : 34 % d’un noyau historique (libéraux identitaires), 21 % d’un bloc populaire traditionnel, 23 % d’une base hésitante et peu politisée, ainsi que 22 % d’un groupe opportuniste récemment intégré.
Ces derniers représentent 45 % de l’électorat total. Ils n’ont pas choisi une idéologie spécifique, mais ont répondu à un abaissement du coût social du vote. Les électeurs ne sont donc pas nouveaux : ils relèvent d’une intensification existante.
Un résidu mesurable existe cependant : 39 % des électeurs du RN jugent que les Juifs ont trop d’influence économique et financière. Ce groupe reste intégré à la base historique (34 %), ce qui signifie qu’il ne représente pas une force électorale indépendante.
L’analyse révèle que le RN a abaissé cette barrière en calculant qu’elle compromettrait son succès électoral, mais il a échangé un gain d’intensité contre une perte d’étendue. Ce choix stratégique a permis de conserver ses anciens électeurs, mais risque de déclencher un retour à la mémoire des 45 % qui n’ont jamais voté pour le parti.
Veerle Daens conclut que le RN n’a pas peur de perdre sa base historique — elle reste fidèle — mais il craint davantage que les électeurs actuels se souviennent pourquoi, depuis treize ans, ils ne l’ont jamais choisi.