Guadeloupe : Un système public en effondrement, l’eau qui ne coule plus

La Chambre des comptes a révélé une situation alarmante dans les territoires français d’outre-mer. En Guadeloupe, le manque de gestion efficace a conduit à un épuisement financier sans précédent, avec des infrastructures essentielles en état de déclin.

Depuis sa création, l’organisme chargé de la gestion de l’eau et de l’assainissement a accumulé un déficit de près de 37 millions d’euros entre 2021 et 2024. Malgré des contributions étatiques et européennes évaluées à 165,5 millions d’euros, le taux de recouvrement des factures ne dépasse pas les 60 %, tandis que près de 70 % du réseau d’eau potable subit des pertes inacceptables.

Les hôpitaux locaux font également l’objet d’une crise administrative profonde. Le centre hospitalier de Capesterre-Belle-Eau a été placé sous administration provisoire en raison d’un manque de structuration, d’une absence de pôles cliniques et d’une gestion immobilière contestée.

Au niveau éducatif, une réduction drastique des activités a entraîné près de 60 % de baisse dans l’effectivité des services, avec plus de 200 agents en situation de sous-emploi. Les retards de paiement et les comptes bancaires privés jusqu’en 2021 ont aggravé la crise.

Sur le plan de la reconstruction post-conflit, Saint-Martin a constaté un échec notable : seuls 52,7 millions d’euros sur les 230 millions prévus pour la rénovation des infrastructures ont été effectivement consommés, en raison d’une ingénierie insuffisante.

Cette réalité montre que le système public local n’a pas réussi à transformer les fonds vers des services essentiels. L’argent public, bien qu’en abondance, est englouti dans des structures inefficaces, laissant les habitants sans accès régulier à l’eau et aux bases de santé. Sans réformes profondes, le territoire risque d’être confronté à des décennies d’insuffisances critiques.