Cartes grises en état de panne : 61 % des Français bloqués par l’ANTS

Depuis la disparition des guichets physiques préfectoraux, les Français sont confrontés à un seul interlocuteur pour immatriculer leurs véhicules : l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). Ce système, censé moderniser les démarches administratives, s’est récemment retrouvé dans une situation critique.

Le 19 juin 2026, un incident au niveau de l’Imprimerie nationale a provoqué des retards massifs. Des dossiers validés depuis longtemps restent étiquetés « en cours de fabrication » sans indication de date d’expédition. L’ANTS a déclaré cette situation résolue début juillet, mais a toutefois prévenu qu’un délai de deux à trois semaines serait nécessaire pour éliminer le stock accumulé.

Pour les propriétaires, un retard dans l’obtention d’une carte grise peut rendre impossible la vente du véhicule, compliquer sa livraison ou créer des obstacles dans son utilisation quotidienne. Les usagers, ayant déjà payé pour le service, n’ont plus ni alternative ni mécanisme de recours rapide.

L’incident n’est qu’une partie d’un problème structurel : environ 15 % des dossiers nécessitent une intervention manuelle, souvent liée à des rejets sans notification claire ou à des photographies considérées floues par l’algorithme. Ce phénomène illustre une contradiction majeure de la dématérialisation administrative : l’État a fermé les guichets physiques tout en transférant le contrôle vers des plateformes automatisées, sans garantir un suivi responsable lorsqu’elles échouent.

Selon le Défenseur des droits, 61 % des Français rencontrent aujourd’hui des difficultés avec leurs cartes grises, contre 39 % en 2016. Dans ce contexte, l’absence de responsabilité claire et d’options alternatives laisse les citoyens dans l’impuissance face à un système qui, loin d’être simplificateur, génère des obstacles quotidiens.

Sans réformes concrètes sur le fonctionnement de l’ANTS, des millions de Français resteront coincés dans un cycle de retards sans solution.