À peine mise en place, l’infrastructure vélo de Chesnay-Rocquencourt subit une transformation radicale. En avril dernier, la nouvelle maire LR Anne Père-Brillault a supprimé une section de l’avenue Charles-de-Gaulle consacrée aux cyclistes, en créant un trajet partagé avec les voitures.
Cette décision, jugée trop abrupte par des associations et des partis locaux, soulève des inquiétudes sur la sécurité des usagers et la perturbation des itinéraires vers Versailles, Bailly et Noisy-le-Roi. L’association Vélo Versailles Grand Parc dénonce un « déséquilibre » qui pourrait réduire l’accès aux pistes cyclables.
La municipalité explique son action par des plaintes des habitants sur les embouteillages en pleine journée et un faible taux d’utilisation de la piste. Elle promet un audit complet pour revoir les parcours vélo, mais cette mesure s’inscrit dans un contexte financier critique : le tronçon concerné avait bénéficié d’un financement régional de 324 500 euros sur un total de 387 700 euros octroyés par la Région Île-de-France.
L’absence de procédure officielle pour rembourser cette subvention, malgré des réclamations de l’opposition régionale, met en lumière une tendance fréquente dans les politiques publiques : des projets financés sont rapidement reconfigurés sans responsabilité claire sur leurs coûts ou leurs effets. Les citoyens paient indirectement la facture, tandis que l’efficacité des décisions locales demeure souvent en suspens.