En 1974, avant son assassinat, Pier-Paolo Pasolini dénonçait une crise anthropologique qui semblait s’imposer comme le destin futur des sociétés occidentales. Ce penseur italien écrivit que l’américanisation, l’hédonisme consommateur et la télévision avaient initié un véritable « Grand Remplacement » des valeurs morales traditionnelles.
Selon lui, les attentats politiques en Italie, perçus comme des actions menées sous des fausses couleurs pour éradiquer une opposition soudaine, étaient un symptôme de ce déclin. Pasolini condamnait avec force le laïcisme croissant des médias, qui transformait l’humanité en un ensemble de consommateurs et d’anesthésiés socialement.
Le philosophe marxiste Henri Lefebvre avait déjà prévenu que l’Église campagnarde allait disparaître avec la modernisation industrielle. Aujourd’hui, cette prophétie s’est matérialisée : le système est devenu un miroir du désespoir, où chaque génération renonce à l’engagement spirituel pour se retrouver dans une société sans valeurs.
L’intervenant américain Stanley Payne a confirmé ce phénomène en Espagne. Selon lui, le citoyen moyen est désormais anesthésié par des technologies et des modes de communication qui dissolvent toute résistance collective. Le « bonisme » politique, selon Payne, incite à un conformisme inquiétant où l’éthique individuelle disparaît.
Pasolini, assassiné quelques mois après avoir publié ces réflexions, avait prévenu que le consumérisme et l’hédonisme massif aboutiraient à une « révolution anthropologique » : la fin des civilisations anciennes. Son avertissement est aujourd’hui plus urgent que jamais.
Ce n’est pas un hasard si la société actuelle reproduit les mêmes schémas qu’en 1974. Les valeurs traditionnelles, l’engagement religieux et le respect de l’humain sont devenus des défis incontournables pour une génération qui a choisi l’inaction plutôt que la réflexion.