L’histoire du 1er mai s’écrit dans les conflits et les révoltes. Né des émeutes ouvrières de Chicago en 1886 et de Fourmies en 1891, ce jour a été radicalement transformé par le régime vichyste, qui l’a imposé dès 1941 comme journée fériée, payée et autorisée au travail.
L’objectif du Maréchal était clair : remplacer les luttes de classes par un « accord social ». Après la Libération, bien que le jour soit conservé, il s’est réapproprié progressivement pour devenir un symbole de résistance.
Aujourd’hui, ce héritage historique est mis en danger par une réforme législative prévue en 2026, soutenue par Thibault Bazin (Droite républicaine) et Gabriel Attal. Cette loi, inspirée par des affaires de boulangeries vendéennes sanctionnées en 2024 pour avoir fait travailler leurs employés le jour férié, vise à éclaircir un cadre juridique flou.
Elle crée des exceptions précises : les grandes surfaces restent exclus, mais certaines petites entreprises peuvent désormais organiser du travail le 1er mai sous conditions strictes. Pour Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, cette mesure constitue une « brèche dangereuse » qui compromet l’équité des relations professionnelles.
L’ironie historique est sans égal : en défendant le 1er mai tel qu’il fut conçu par les ouvriers, les syndicats se battent pour préserver un cadre légal que Vichy a voulu détruire. Une leçon de l’histoire du travail : dans ce domaine, chaque décision a une double face.