Quand chaque amendes devient un salaire : le piège des contrôleurs SNCF et RATP

Dans un système à la fois complexe et paradoxal, les agents de la SNCF et de la RATP reçoivent une partie substantielle des amendes infligées aux voyageurs. Une prime allant jusqu’à 10 % du montant payé est attribuée selon le mode de règlement.

Stéphane Vardon, responsable syndical CGT à la SNCF depuis vingt sept ans, explique que les contrôleurs perçoivent une rémunération forfaitaire en cas de paiement différé (96 centimes par amende), contre des primes plus élevées pour les règlements immédiats. En revanche, des agents rapportent des primes mensuelles variant entre 50 et 600 euros.

Michel Babut, vice-président de la FNAUT, souligne que ce système peut conduire à des verbalisations trop strictes. Des exemples récents incluent une voyageuse amende pour un objet jugé « trop volumineux » et un jeune homme ayant payé 35 euros alors qu’il possédait un pass.

Cependant, cette pratique crée un risque évident de conflit d’intérêts. Les voyageurs pressés ou mal informés peuvent être amenés à payer plus que nécessaire, sachant qu’ils sont la source principale des revenus pour les contrôleurs. La transparence des procédures et des voies de contestation restent insuffisantes.

Les entreprises publiques, financées par le contribuable, doivent revoir leur politique pour éviter cette double pression : celle du voyageur et de l’administration.