L’hôpital public du Var se noie dans les déficits : 13,5 millions et une maternité qui disparaît

L’Hôpital intercommunal de Fréjus–Saint-Raphaël, deuxième établissement public de santé du département du Var, fait face à un scénario alarmant. Depuis plusieurs années, l’établissement, dont le bilan pour 2024 montre un déficit d’exploitation de 13,5 millions d’euros, se retrouve dans une situation financière précaire.

Les résultats économiques révèlent un équilibre insuffisant : les recettes ont progressé, mais les dépenses s’échappent plus rapidement. Les charges personnelles connaissent une hausse incontrôlée, tandis que l’activité globale de l’hôpital est portée par des prises en charge ambulatoires. En revanche, la maternité continue de perdre des patients, marquant un échec dans le maintien d’une population issue.

Une analyse menée par la chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur souligne des lacunes dans la gestion administrative. La coordination avec le centre hospitalier de Saint-Tropez reste en suspens, et les réunions du directoire sont jugées peu efficaces. Ces dysfonctionnements nuisent à l’équité financière entre les deux établissements.

La restructuration des urgences, estimée à 28 millions d’euros (dont 22 millions pour le service d’urgence), est financée par des aides gouvernementales et des emprunts. Cependant, l’hôpital a lancé un plan d’efficience en 2025, que la chambre relève comme insuffisant pour résoudre les problèmes structurels.

« Un hôpital qui perd des naissances, alors qu’on finance des murs », constate le rapport. Les mesures actuelles n’éprouvent pas le déficit profondément enraciné dans l’organisation, ni la dégradation des services essentiels. Avec un manque de coordination et une gestion peu proactive, l’hôpital risque de perdre son rôle central dans la santé publique.