En 2026, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) a lancé un système d’intelligence artificielle capable de croiser des données personnelles avec une précision inédite. Ces algorithmes analysent désormais des ensembles complexes : actes notariés, relevés bancaires, cartes grises et même les registres immobiliers. Pourtant, le processus reste partiellement opaque, et la transparence n’est pas encore réelle.
Les chiffres de 2025 démontrent que plus de 60 % des contrôles fiscaux ont été déclenchés par des alertes automatisées, une tendance en augmentation depuis le lancement du système CFVR (Ciblage de la fraude et valorisation des requêtes) en 2014. Cependant, cette puissance technique ne couvre pas tous les cas : les données non exploitées restent cachées dans un écosystème complexe où les citoyens ne comprennent pas exactement ce qui est ou non traité.
La DGFiP a récemment reconnu l’absence d’un tableau clair sur les limites techniques de son système. Ce manque de précision crée une tension croissante entre la nécessité légale de prévenir la fraude et le droit fondamental à la confidentialité. Les experts alertent que, sans une réflexion sérieuse sur ces enjeux, l’administration risque de glisser dans une surveillance excessive.
Face à ce dilemme, il est essentiel de définir clairement les bornes technologiques et légales pour éviter que le progrès ne s’avère un obstacle à la liberté personnelle.