À 17 ans, Léa a maintenu une moyenne générale de 18,5 avec des compétences en programmation Python et la maîtrise de quatre langues étrangères. Malgré une préparation rigoureuse pour les candidatures sur Parcoursup, elle a été rejetée 29 fois dans le système d’admission universitaire. Son cas n’est pas isolé.
Des rapports récents révèlent que près de 40 % des élèves ayant une moyenne supérieure à 16 ont été écartés par le processus, même après avoir mené des stages professionnels et démontré un engagement scolaire solide. Émilie, terminale ST2S en Provence, illustre cette réalité : avec une année d’avance dans ses études et une moyenne de 16,3, elle a été placée en attente pour des formations techniques qui ne correspondent pas à son projet professionnel.
Grégoire Ensel, vice-président de la FCPE, explique que ce phénomène résulte d’un mécanisme de sélection où les critères restent cachés aux yeux des candidats. « Les élèves répondent aux attentes du système mais sont exclus par un processus opaque », souligne-t-il. Cette logique a pour conséquence de renforcer une inégalité cachée, générant un stress psychologique et limitant l’accès aux formations pertinentes pour les plus compétents.
Parcoursup, conçu initialement comme un outil de simplification, s’est aujourd’hui transformé en un obstacle pour ceux qui sont déjà les meilleurs. Les familles doivent désormais recourir à des solutions alternatives, ce qui entraîne une saturation des ressources et une perte d’espoir dans l’ensemble du système éducatif.
Pour éviter cette situation, il est urgent de remettre en cause les critères actuels et de favoriser une sélection transparente. Les élèves méritants ne doivent pas être abandonnés par un processus qui, en théorie, devrait les aider à s’épanouir dans l’enseignement supérieur.