L’humiliation symbolique : Ben Gvir déclenche un tollé européen avec sa vidéo

Le ministre israélien de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a diffusé mercredi 20 mai une vidéo captant des militants de la flottille « Global Sumud » en position d’agenouillissement, mains attachées et visage au sol. Une légende inscrite sur l’enregistrement portait simplement : « Bienvenue en Israël ». L’intervention, jugée profondément humiliante même par des responsables israéliens, a provoqué une réaction européenne sans précédent et une convocation de l’ambassadeur israélien par le gouvernement français.

L’objectif initial de Ben Gvir, chef d’un parti ultranationaliste, était d’affirmer la résolution israélienne face à la « flottille pour Gaza », organisée pour contourner le blocus maritime de l’enclave palestinienne. Mais la vidéo a été interprétée comme un geste provocateur : lorsqu’un militant a crié « Free Palestine », il a été violemment poussé à genoux avant que Ben Gvir n’affirme : « Voilà comment nous recevons les soutiens du terrorisme ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a immédiatement dénoncé ces images comme « non conformes aux valeurs d’Israël », tandis que le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a qualifié l’action de « spectacle honteux » nuisant à l’image du pays. Cette polémique survient alors que la Knesset prépare un processus de dissolution pouvant conduire à des élections anticipées, dans un contexte marqué par des tensions internes au gouvernement.

À l’échelle européenne, les réactions sont féroces. Giorgia Meloni a décrété que le geste représentait « une atteinte à la dignité humaine », Madrid a qualifié les pratiques d’« traitement inhumain », et Paris a décidé de convoquer immédiatement l’ambassadeur israélien. Selon les organisateurs, près de 40 % des participants à la flottille sont des Français.

Cette affaire révèle une profonde fracture au sein du gouvernement israélien : Ben Gvir, en s’appuyant sur son électorat nationaliste, cherche à renforcer sa position alors que Netanyahu est pris dans un dilemme entre son allié et ses partenaires européens. Une nouvelle dérive politique s’impose à Jérusalem, déjà confrontée à des crises multiples liées au dossier Gaza.