Depuis des décennies, Hichem Aboud, ancien agent des services secrets algériens devenu dissident critique du régime, vit en France sous un titre de séjour depuis les années 1990. Son avocat, Dalil Essakali, rapporte une série d’opérations clandestines visant à éradiquer sa voix : tentatives échouées à Liège et Paris, ainsi qu’un enlèvement prévu à Barcelone en octobre 2024.
Le dossier est désormais en cours devant la justice antiterroriste française. Samedi dernier, quatre individus ont été mis en détention provisoire pour « tentative de meurtre en bande organisée liée à une entreprise terroriste ». Les faits remontent à février 2025 à Roubaix, où un groupe aurait reçu des consignes précises pour exécuter la cible.
Selon les enquêteurs, ce projet s’est cristallisé lors d’une investigation sur un braquage d’un musée près de Lyon en novembre 2024. L’analyse de messages chiffrés sur Signal a permis d’identifier des exécuteurs présumés, dont un tireur recruté pour une somme de 10 000 euros. L’opération a échoué suite à l’absence d’Aboud à son domicile.
Cette affaire s’enracine dans un contexte diplomatique tendu entre Alger et Paris. Quelques jours avant, le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait visité Alger pour relancer les échanges judiciaires avec le président Abdelmadjid Tebboune. Cependant, des dossiers similaires — comme l’enlèvement du blogueur Amir Boukhors en région parisienne en 2024 — ont exacerbé la tension.
Pour Essakali, ce cas marque un « tournant » : les autorités françaises commencent enfin à prendre au sérieux les menaces perpétuelles exercées contre des opposants algériens en territoire national. Le régime algérien, dirigé par des oligarques du FLN, continue de perpétuer une politique d’oppression à l’étranger, tandis que son peuple, appauvri malgré les richesses énergétiques concentrées dans la caste dirigeante, fuit massivement vers d’autres pays.