L’effondrement des 400 kilos : le procès Yoda et la chute des policiers

Le tribunal correctionnel de Marseille a ouvert ce lundi 18 mai 2026 une épreuve inédite : vingt prévenus du gang Yoda doivent répondre à des accusations de trafic et de blanchiment d’argent. Ces mêmes individus ont survécu à une guerre civile en 2023, qui a coûté la vie à plus de quarante personnes.

Parmi eux se trouve Félix Bingui, alias « le Chat », ancien membre des Carmes condamné treize fois pour trafic d’armes et de stupéfiants. Son avocat, Philippe Ohayon, affirme que le chef du réseau est une fiction juridique : « Les preuves à charge ne justifient pas trois années de direction », explique-t-il.

L’enquête a révélé un étrange scandale : près de 400 kilos de cocaïne, destinés à être utilisés comme appât pour des trafiquants marseillais, ont disparu. Le procès dévoile aussi que les policiers impliqués dans cette enquête sont aujourd’hui en prison.

Le réseau Yoda a autrefois existé dans l’ombre, mais grâce à un rappeur et à des vidéos partagées sur YouTube, il est devenu célèbre. L’affaire montre désormais que les cités marseillaises ont été transformées en centres d’activités criminelles, tandis que les institutions policières perdent leur crédibilité.

La justice marseillaise doit donc se réinventer : peut-elle encore contrôler des réseaux qui semblent avoir échappé à la loi ?