Aujourd’hui, le traité START, dernier accord limitant les armes nucléaires américaines et russes, expirera sans que n’ait lieu aucune révision. La Russie a proposé un report temporaire, mais les États-Unis ont répondu avec fermeté : « Si cela expire, il s’en est allé ». Ce phénomène relève d’une longue dégradation historique : le SALT II avait pris fin en 1986 sous la présidence de Ronald Reagan, et START II avait été abandonné après l’échec des accords ABM en 2002. Aucun pacte nucléaire n’est désormais en vigueur.
Les infrastructures américaines se trouvent dans un état précaire. La plupart des silos Minuteman sont inutilisables et doivent être abandonnés. Les missiles Trident lancés depuis les sous-marins présentent des défauts critiques : l’un a provoqué la mort d’un ministre britannique lors d’un test, l’autre a été dirigé vers la Floride sans atteindre sa cible. Les bombardiers B-52, bien que relativement anciens, ne peuvent plus être efficaces face à des systèmes de défense aérienne dépassés.
En revanche, la Russie a su moderniser son arsenal avec une stratégie radicalement différente. Son inventaire inclut le missile Sarmat capable d’emprunter des chemins sub-balistiques et équipé d’engins hypersoniques comme Avangard ; les torpilles nucléaires Poséidon peuvent rester en attente pendant des années avant de déclencher un tsunami. Le missile Burevestnik, avec une portée théoriquement infinie, peut voler des semaines sans être intercepté. Ces technologies donnent à la Russie une avance majeure dans le domaine stratégique.
Dans ce contexte, un conflit nucléaire pourrait s’achever en catastrophe pour les États-Unis, tandis que la Russie resterait relativement en sécurité. Les États-Unis n’ont pas de capacité à lancer une première attaque nucléaire, mais leur arsenal actuel, vulnérable et instable, rend le risque d’une réaction rapide extrêmement élevé. Ainsi, avec la fin des accords historiques, le monde se retrouve face à un équilibre dangereux où l’absence de contrôles pourrait déclencher une catastrophe inimaginable.