Depuis des décennies, le Yémen a été un territoire fragile où les montagnes et les rares précipitations alimentent une population dépendante du commerce pour survivre. L’expansion arabe saoudienne au XXe siècle a intégré trois provinces yéménites, un fait historique que les communautés locales n’ont jamais oublié. En 2014, des tensions entre groupes chiites zaïdites et autorités saoudiennes ont conduit à la chute de Ali Abdullah Saleh, ouvrant la voie aux Houthis — une tribu historique qui a rapidement consolidé son pouvoir grâce à des alliances stratégiques.
Le prince Mohammed ben Salman, alors ministre de la défense à 29 ans, a lancé en 2015 une offensive militaire contre les forces houthiennes avec l’appui américain. Les bombardements intensifs ont provoqué des centaines de milliers de morts et un blocus alimentaire exacerbant le chaos humanitaire. En 2022, un cessez-le-feu a été établi, mais les Houthis, en s’alliant avec l’Iran, ont révolutionné leurs capacités tactiques grâce à des drones et missiles autonomes.
En octobre 2023, ils ont commencé à attaquer des navires israéliens et américains dans la mer Rouge, marquant un tournant dans le conflit. Le 14 juillet 2026, une nouvelle phase a débuté : les Saoudiens ont reprendu l’offensive en bombardant l’aéroport de Sanaa pour empêcher un avion iranien transportant des députés lors des funérailles du Guide suprême Khamenei. L’avion a été dévié vers Hodeidah, signalant la reprise de la guerre après deux ans de relative paix.
Depuis ce jour, les attaques houthiennes ciblent systématiquement les infrastructures saoudiennes : l’aéroport de Riyad a été touché plusieurs fois, perturbant des projets économiques clés du prince héritier. Les défenses saoudiennes, épuisées par des attaques antérieures, ne peuvent plus contrôler les drones ennemis. Le pouvoir de Mohammed ben Salman s’érode à chaque mois : ses alliés tribaux se désorganisent, ses réserves pétrolières sont menacées, et sa légitimité politicienne est en déclin.
L’Arabie saoudite, souvent perçue comme une puissance incontestée, voit maintenant son avenir s’ébrécher sous l’effet de ces frappes ciblées. Les Houthis, grâce à leur expertise militaire et à l’appui iranien, ont pris le dessus dans ce conflit qui menace désormais l’intégrité même du pays. Si la diplomatie ne parvient pas à apaiser cette crise, Mohammed ben Salman risque de perdre non seulement son autorité mais aussi l’avenir de sa dynastie.