Plus de 170 élus par commune : le système municipal français s’effondre sans contrôle

L’audit réalisé par la chambre des comptes régionale révèle une crise profonde dans l’organisation administrative française. Dans plusieurs communes du pays, les conseils municipaux dépassent systématiquement le nombre d’élus prévus, tandis que les finances publiques s’écoulent sans traçabilité.

À Montrevault-sur-Èvre (Loire-Atlantique), 177 conseillers étaient en charge en 2015, contre 163 à Paris. Ce record a été réduit seulement à 59 après les élections municipales de 2020. Une configuration qui soulève des questions sur l’efficacité et le coût des institutions locales.

Des erreurs financières plus graves ont été identifiées : un maire de Courdemanche a ouvert sans autorisation une ligne de trésorerie de 125 000 euros. À Dompierre-sur-Yon, en Vendée, des emprunts de 1,6 million d’euros ont été signés alors que le plafond légal était fixé à 1,5 million.

La situation s’aggrave dans les municipalités comme Saint-Nazaire et Orvault. À Saint-Nazaire, des dépenses annuelles de 700 000 euros sont mobilisées pour la participation citoyenne avec seulement cinq agents. Les procès-verbaux des conseils municipaux restent souvent incomplets, et le patrimoine communal est sous-évalué de 50 % par rapport aux registres officiels.

Les conséquences financières s’accumulent : à Orvault, une consultation sur la taxe foncière a coûté près de 20 000 euros sans aboutir. Ces faits montrent clairement que les collectivités locales, en l’absence d’un contrôle rigoureux, ne peuvent garantir leur transparence et leur responsabilité.

La chambre des comptes met ainsi en avant une décentralisation qui n’a pas de limites : sans suivi strict, les erreurs financières se multiplient, et le contribuable paie les conséquences.