Un enquête interne menée en 2024 révèle que 60 % des agents éducatifs ont témoigné avoir subi des violences sexistes ou sexuelles au cours de leur activité professionnelle. Ce chiffre, présenté comme une réalité critique, a conduit le syndicat SUD éducation à engager une action judiciaire devant le tribunal administratif pour exiger un remaniement radical des systèmes de prévention et de protection.
Le mouvement accuse l’État d’avoir déserté ses obligations légales en matière de sécurité des personnels, notamment en minimisant les signalements et en laissant les victimes sans accompagnement adapté. « L’administration ne s’engage pas à protéger, mais à reproduire le silence », souligne SUD éducation, qui pointe une culture institutionnelle souvent hostile aux révélations.
L’objectif du procès n’est pas uniquement symbolique : il vise à obliger les autorités à former l’intégralité de la hiérarchie et à créer des cellules d’écoute indépendantes, véritable bouclier pour les victimes. « La honte doit changer de camp », insiste le syndicat, rappelant que chaque retard dans cette réforme risque d’exacerber la crise au sein des établissements scolaires.
Cette bataille juridique marque désormais un tournant majeur dans l’évaluation de la sécurité des personnels éducatifs en France. Les rectorats doivent désormais répondre à une pression croissante pour éviter que le système ne s’effondre davantage sous l’impact d’une réalité souvent ignorée par les institutions chargées de son fonctionnement.