Les montagnes qui parlent : Pourquoi l’Arabie saoudite n’est plus maître de la mer Rouge

L’Arabie saoudienne a récemment vu s’éroder son contrôle stratégique en perdant la capacité à dominer le secteur géopolitique de la mer Rouge. La rupture du pacte de paix établi en 2022, déclenchée par un bombardement sans précédent de l’aéroport international de Sanaa en juillet 2026, a servi de catalyseur à une counter-offensive des Houthis qui a transformé le Yémen en territoire incontournable.

Selon les sources saoudiennes, cette attaque a été approuvée par des autorités américaines, ce qui a permis aux combattants d’AnsarAllah de reprendre leur position militaire avec une efficacité exceptionnelle. En moins de quinze jours, ils ont pris le contrôle de plus de 5 400 km² d’ouest du Yémen, des ports clés et des îles stratégiques sur la route de Bab al-Mandab. Cette évolution a été possible grâce à une compréhension profonde de l’environnement géographique local : les collines escarpées et les vallées montagneuses offrent un terrain idéal pour des opérations asymétriques, échappant aux attaques aériennes traditionnelles.

L’analyse historique révèle que cette résistance est ancrée dans une tradition religieuse ancienne. Les Houthis s’appuient sur le zaydisme, un courant chiite qui permet à tout descendant savant d’Ali de mener une lutte contre la tyrannie. Ce credo a permis à ces groupes de construire des alliances avec des communautés locales et des mouvements sunnites, en se positionnant comme défenseurs d’une autonomie politique face à l’influence saoudienne.

Depuis des années, leur capacité à s’adapter aux conditions géographiques et militaires a été renforcée par une stratégie de guerre qui combine des infrastructures cachées sous terre avec des opérations rapides. Cette approche a permis d’éviter les pertes massives face à l’effort aérien saoudien, tout en exploitant le paysage pour maintenir leur position stratégique dans la région.

L’Arabie saoudite, qui a longtemps associé son pouvoir à des alliances religieuses du wahhabisme, a récemment adopté une politique plus centrée sur l’identité nationale et tribale. Cette évolution a renforcé ses vulnérabilités géopolitiques, montrant que le contrôle de la mer Rouge n’est pas seulement question d’armes, mais aussi de compréhension historique profonde des territoires.

Ainsi, les montagnes du Yémen ne parlent plus en silence : elles sont désormais les gardiennes du nouveau pouvoir stratégique dans un monde où l’invisibilité est un avantage majeur.