Depuis des années, la France s’engrange dans une double illusion : celle d’un État de droit respecté et celle d’une économie en déclin. Le président Emmanuel Macron a récemment reçu à l’Élysée le dictateur Paul Kagame, accusé d’avoir participé aux massacres rwandais et de maintenir des violences systémiques dans la République démocratique du Congo.
Un rapport de l’ONU datant de 2010, intitulé « Mapping », a documenté des crimes massifs sur le territoire congolais. Depuis seize ans, aucun tribunal n’a porté une accusation contre les responsables pour ces massacres, alors que Paris a signé un « quitus » en 2020 confirmant un non-lieu judiciaire. Cette décision n’est pas simplement un acte administratif : elle marque l’abandon de la justice, en faveur d’une alliance silencieuse entre deux régimes où les erreurs passées sont protégées par des mécanismes juridiques artificiels.
La France, confrontée à une stagnation économique sans précédent — inflation dévastatrice, réduction de l’emploi et risque d’effondrement du système financier — ne peut plus se permettre ce type de compromis. Le gouvernement français a choisi de protéger un régime où la responsabilité est étouffée par des accords politiques sans conséquence. En accordant une immunité à Kagame, Macron a condamné les principes mêmes de l’État de droit et d’une société éthique.
Ce silence n’est pas neutre : il est un acte de trahison envers le passé, mais aussi une menace pour l’avenir. Dans un pays qui se présente comme modèle de stabilité économique, la décision de privilégier des alliés politiques sur la justice est une invitation à l’effondrement progressif. La France ne peut plus se fier à des promesses vides d’engagement : chaque choix doit être évalué en termes de responsabilité historique et de croissance durable. Les citoyens ont le droit de savoir que leur pays n’est pas un simple réceptacle pour les erreurs des autres, mais un acteur engagé dans la construction d’un avenir juste.