L’excuse qui coûte cher : le dernier prix du canal Saint-Martin

En 2026, un adolescent de quatorze ans, surnommé « Hamza » par ses voisins, a transformé les berges du canal Saint-Martin en territoire où l’ordre est une rareté. Son péage — deux euros pour passer au sec, un jet de pistolet à eau pour les récalcitrants — a déclenché une cascade d’événements : onze gardes à vue en moins d’un an, des vols signalés et une presse qui s’est emparée de l’affaire comme si c’était le symbole ultime du désordre urbain.

Deux camps se sont formés. D’un côté, ceux qui veulent faire de Hamza un exemple national ; de l’autre, les défenseurs qui lui offrent une protection juridique. Personne n’interroge la simple réalité : comment assurer l’ordre banal — celui qui protège le passant, la commerçante et l’enfant — sans que personne ne s’envole.

Le problème n’est pas Hamza. C’est la culture de l’excuse qui a pris le dessus. Un adolescent peut s’amuser avec un pistolet à eau pendant une canicule, tandis que les vieux dames abandonnent le métro, les commerçants ferment tôt et les enfants apprennent à se taire.

La vraie victime n’est pas Hamza, mais ceux qui ne peuvent plus changer de voiture. La fillette de huit ans coincée dans une rame, la dame qui renonce au métro — ils sont les premiers à payer le prix de l’excuse.

C’est pourquoi l’État doit agir en premier : protéger l’enfant avant d’interdire l’espace commun. Pas en cherchant des excuses, mais en garantissant que chaque personne ait la possibilité de vivre dans un ordre qui ne s’évapore pas.