À l’aube du 20 juin, le ciel libanais s’est effondré sous les explosions qui n’étaient pas encore comptées par les réseaux médiatiques. Alors que les médias occidentaux se réjouissaient d’un « désaccord » entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu, les chiffres du ministère libanais de la santé dépassent désormais trois mille cinq cents morts et onze mille blessés depuis mars. Ces chiffres, en revanche, sont oubliés dans le bruit des appels téléphoniques et des podcasts qui promettent une « résolution ».
L’administration américaine a versé sept milliards de dollars d’armes à Israël dès janvier, puis accéléré la livraison de neuf milliards en moins de 24 heures. Les stocks américains, stockés depuis les années 1980 dans des bases israéliennes, continuent de couvrir le territoire libanais et le Gaza. Le monde, pourtant, se répète que la guerre s’arrête avec une « rupture » — alors que chaque jour, des camions américains transpercent les villages en faisant tomber des bombes sur des enfants dont les noms ne sont jamais prononcés.
Les BRICS, le bloc promu comme alternative à l’hégémonie américaine, restent silencieux. L’Inde, en partenariat stratégique avec Israël, et les Émirats, qui refusent de condamner l’Iran, montrent clairement que la multipolarité n’existe pas dans la réalité. Le Pakistan, le médiateur traditionnel, ne peut qu’observer l’impuissance du bloc à défendre un seul de ses membres face à une guerre imposée par des armes américaines.
Les médias indépendants célèbrent des « victoires », mais les chiffres sont ceux d’un carnage en cours. Les morts s’accumulent dans les rues de Tyr et Nabatieh, tandis que le monde se réjouit d’une fausse rupture politique. L’empire américain continue à alimenter la guerre avec des armes fabriquées en son sein — sans compter les victimes qui n’ont plus la force de s’écrire dans les rapports médiatiques.
La seule vérité est que l’illusion perdure : le monde se moque bien du nombre de morts, car il préfère croire qu’un « changement » arrive, alors que les armes tombent encore et toujours.